Un an après, le bilan.

Comme vous le savez sans doute, j’ai quitté la fonction publique française début 2016. Presque un an après, voici un petit bilan.

Tout d’abord, voyons ce qui me manque de cette période où j’étais fonctionnaire…

Les collègues.

Autant j’ai pu tomber sur de parfaits incompétents qui ne comprennent rien, autant je suis tombée sur des gens qui ne seront jamais remerciés à leur juste valeur. Professionnellement comme humainement, certains collègues me manquent, peu certes, mais quand même.

J’ai bossé avec des gens vraiment très bons techniquement, ces gens qui te tirent vers le haut et qui te permettent de repousser tes limites, même sous stress. Ces gens qui vont te filer une piste et qui savent que tu en feras quelque chose. Ces gens qui vont critiquer ce que tu fais en t’expliquant leur vision et comment tu peux améliorer ton travail. Et ça marche. Grâce à eux j’ai pu me prouver à moi même que j’étais largement capable de tenir la route techniquement, partir de zéro sur une techno que je ne connais pas et mettre en place des outils nécessaires au bon fonctionnement du service ou d’une plateforme.

Mon Gru m’a appris un aspect du métier que je ne connaissais absolument pas : l’aspect humain. Alors oui, je suis anxieuse sociale, j’ai toujours eu du mal avec les gens, mais voir l’autre côté m’a permis de comprendre les contraintes des personnes qui sont sur le terrain réellement, de voir qu’ils bossent comme nous, avec ce qu’ils ont, et font comme ils peuvent avec ce qu’ils n’ont pas. Pouvoir se rendre compte des contraintes quotidiennes des agents, ces agents qui eux aussi ont un rôle à jouer dans le service public, ces agents qui savent qu’ils sont là pour servir le public et non simplement un chef pour qui la seule préoccupation est de faire de belles stats.

C’est bête mais quand l’ambiance de travail est agréable, beaucoup de choses semblent bien plus supportables.

En fait, je crois que c’est la seule chose qui me manque, les collègues cools…

Passons donc au reste.

Les avantages.

Eh oui, être fonctionnaire ça apporte, à ce qu’on dit, la sécurité de l’emploi (je n’en suis plus si convaincue), mais ça paie pas vraiment. Même si j’avais des primes parce que j’étais en service informatique, mon salaire n’était pas très élevé et bien entendu, faut aussi penser à la retraite. Pendant que les anciens présidents se servent royalement, les petites mains ne touchent que 70% de leur salaire… hors prime. Bon j’avoue, je triche un peu, j’ai changé de pays en même temps, du coup mon salaire est plus élevé de base et mes impôts sont déjà prélevés. Sauf qu’il y a aussi des avantages non négligeables : récupération des jours fériés qui tombent un week-end, tickets resto et pour certains leasing, jours de congés supplémentaires etc…

Les avantages sont peut-être de petits riens, mais ils permettent de valoriser un employé… chose que je n’ai pas vraiment connu lorsque j’étais fonctionnaire. Il y avait une prime une fois par an mais elle était surtout attribuée aux personnes qui savaient bien se vendre auprès de la hiérarchie… ce qui n’a jamais été mon cas bien que mon travail soit toujours bien fait. Et fait selon l’idée que je me faisais du service public. Mon seul objectif était de rendre service au public… et pas à ma hiérarchie.

Ici on ne se pose pas vraiment de question : tu es embauché, soit tu es interne et tu vois ce qui est bon pour ton entreprise, soit tu es chez un client et tu fais au mieux avec les moyens du bord en fonction des règles de ton service.

L’ambiance de travail.

Après, encore une fois, ça dépend où on tombe… mais là j’avoue que je ne suis pas déçue de l’ambiance au travail : au sein de notre service on peut y voir des rires, du stress partagé lorsqu’il y a des coups de bourre, du soutien et surtout de l’entraide. On ne laisse pas un collègue galérer sans rien faire, on y va, on cherche, on aide. C’est quelque chose que je n’avais pas vraiment vu avant… je n’ai jamais laissé une personne galérer si je suis capable d’aider… ça doit être mon côté « partage de connaissance » qui fait ça, mais j’aime bien ça, je trouve que c’est sain d’avancer ensemble. Et chacun peut apprendre de l’autre sans vraiment se poser de questions.

Et c’est peut-être bête mais… cette ambiance de travail a permis à ma petite confiance timide de se développer. Bon ouais c’est pas encore au point… mais j’ai déjà fait pas mal de chemin et j’y travaille encore 🙂

Bref, aujourd’hui je ne regrette pas d’être partie et de ne plus coûter un centime à L’État Français. Je changerais peut être d’avis dans le futur, mais j’en doute. Les valeurs pour lesquelles j’avais passé un concours n’existent plus. Aujourd’hui je sais pour qui je travaille, et pour quoi je le fais. Et j’y gagne. Tant financièrement que humainement et socialement. Alors oui, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs… mais je m’y sens tout de même mieux.

Si un jour tu veux me rejoindre de l’autre côté… tu sais où me trouver 🙂

Des bisous

About Kykoonn
Geek refoulée, préfère ses PC aux zumains, aime les licornes et la mirabelle liquide.

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