Deux jours sans réseau…

Aujourd’hui je vais tenter de t’expliquer mes deux jours sans réseau… Mais avant ça je vais te faire un petit historique.

Si tu me connais, tu dois sans doute savoir que j’ai de fortes origines italiennes. Et ce qui prime, en Italie et pour les italiens, c’est la famille. Chaque année, aussi loin que je me souvienne, nous nous réunissons une fois par an, à la Pentecôte, dans mon petit village perdu en Meuse profonde (mais où il y a du réseau). On se voit le samedi soir, le dimanche toute la journée et le lundi midi. Un jour, ces fêtes de famille se sont arrêtées… elles ont repris en 1998, après le décès de mon grand-père. Cette fête regroupe les 4 frères Primo, Bobby, Carlo et Joseph (mon grand-père) ainsi que leurs épouses (Inès, Flora, Carmen et Marie). Joseph, mon papi, était le premier à partir en 1997… c’était le plus jeune. Nous avons refait ses fêtes dans le petit village où j’ai grandi. Je ne suis pas très sociable et du coup, souvent mise à l’écart, je m’y sens pas à ma place. Plus jeune, entre chaque plat, j’allais rejoindre mes parents à une autre table… Puis en grandissant je passais mon temps dans les cuisines à faire la vaisselle… parce que oui, famille italienne veut aussi dire que les femmes sont en cuisine pendant que les hommes refont le monde en hurlant. Puis j’ai simplement arrêté d’y aller… Certaines obligations de la vie font qu’il est difficile de revenir pour une fête de famille, notamment lorsque le lundi de Pentecôte n’est plus férié. Puis on s’est tous plus ou moins perdu de vue… on se voyait aux enterrements, ou aux mariages mais je n’y allais pas forcément. Trop de monde. Pas à ma place.

Le temps passe et les années s’enchaînent… Ça fait environ 15 ans que je ne les ai pas revu. Contrairement à mes cousines et à ma sœur, je n’ai pas voulu faire un grand mariage, comité très restreint et je n’ai invité que ma famille très proche. Et là… la cousine de mon papa et son époux ont fait une grande fête d’anniversaire. Monsieur a voulu y aller « pour connaître » ma famille. Je me suis dit pourquoi pas.

Nous roulons donc juste Oulches. Oulches. Rien que ça, on dirait une insulte en fait. C’est un tout petit village. Pas de réseau du tout… Un petit wifi en haut de la rue (et je te vois venir, non je n’ai rien piraté !). Et quand je dis pas de réseau…  :

Le bon côté c’est qu’on peut se concentrer sur l’essentiel :

Tu as du voir passer les autres photos sur le mammouth :

La douche avec une lampe dedans…
Des vieux WC d’extérieur (t’inquiète pas il y en avait aussi dedans quand même)
De la bière pas chère

Et bien entendu la famille… J’ai revu des cousin(e)s avec qui je me sentais proche, mais également ceux avec qui je n’ai pas d’affinité et ça rend le séjour… long. Très long. Encore une fois pas à ma place. Mais l’alcool aidant bien, j’ai pu parler avec certains, moins avec d’autres. Ça m’a au moins permis de revoir ma famille d’Italie… et de passer une soirée avec mon frère aussi. Je me suis rendue compte que, alcoolisée, l’italien se parle toujours aussi bien. Seul détail rigolo, mon cousin parle italien du nord… moi celui du sud. Ça ne change pas grand chose tant qu’on ne parle pas en patois… mais certaines prononciations sont différentes… Un mot en particulier a retenu son attention « cosa » : dans le nord de l’Italie il se prononce « coza » dans le sud c’est plutôt « cossa ». Plein de petits détails amusants comme ça… mais l’essentiel est de se comprendre.

Je ne sais pas si je recommencerai… bien que la famille tienne une place importante dans ma vie, ma famille reste mes proches. Ceux qui sont là quand j’en ai eu besoin et qui peuvent compter sur moi lorsqu’ils en ont besoin. Ça reste assez intense pour moi… surtout que je doute qu’ils se rendent vraiment compte de ce que je suis, de qui je suis et de comment je suis. Malgré tout, malgré leurs critiques constantes, les discussions murmurées entendues au détour d’un couloir, le fait que les mots vilains fusent parfois à l’encontre d’autres cousin(e)s, ils restent ma famille. Je trouve juste ça dommage de se critiquer au lieu d’être simplement heureux pour les autres.

Sinon, pour le petit village… j’avoue qu’il était sympa… sans réseau mais sympa. Le café du coin était super accueillant, les gens souriants et super gentils… je n’ai pas vraiment l’habitude de croiser des gens aussi gentils avec les inconnus, c’était cool.

Voilà, tu sais maintenant ce que j’ai vécu, plus ou moins, pendant ces deux jours… Mais ça fait du bien quand même de se dire que j’aimerais en revoir certain(e)s… d’autres beaucoup moins 🙂

 

About Kykoonn
Geek refoulée, préfère ses PC aux zumains, aime les licornes et la mirabelle liquide.

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